[Review] Variations sur 50 nuances

Parce que tout le monde crie que c’est de la merde en branche mais que sur tout ce beau monde, y a pas 80% qui savent de quoi ils parlent (non lire 50 pages c’est pas suffisant à mes yeux), j’ai décidé de lire la fameuse trilogie qui a tant fait parler d’elle (oui, oui, vous avec bien lu, j’ai bien dit les trois) (oui, bon ok, j’étais en interco et de toute façon j’avais rien de mieux à faire) (on dira que c’était une façon scientifique d’occuper mon temps ^^;).

Warning !! Y aura du spoiler (oui, je sais, mais je préviens à tout hasard…), ça pourra être un peu long et désordonné (je pars en freestyle, je sais pas dans quel sens ça va aller) avec du radotage parce que je pense à pleins de trucs à la fois, et en plus je risque d’être un peu euh « crue ». Mais en même temps, je reste fidèle au contexte des bouquins, du coup *excuse transparente inside* O:-)

Let’s go !

Par où commencer ?
Bon les 150 premières pages du tome 1 et plus particulièrement le premier chapitre : oui, il faut s’accrocher, oui c’est super mal écrit, oui c’est ultra usant pour les nerfs, les yeux et l’intellect, et non, il passe foutrement rien.
Clairement, ça m’a rappelé la première moitié du premier tome de la Belgariade où l’auteur était payé à la page : il se passe rien et on se fait chier. Sauf que là, c’est mal écrit, et qu’en plus, on te vend du cul et y en a pas donc tu te fais deux fois plus chier. Ne niez pas je sais que celles et ceux qui ont testé y ont pensé! ! (je vous vois glousser derrière votre écran, l’air de pas y toucher, mais on me la fait pas à moi ! On lit pas Fifty Shades pour le scénar pointu !).

Tiens le cul, parlons-en ! (j’avais prévenu que ça serait décousu !) (en même je suis « une couturière aux pensées décousues » donc ça fait sens). Mais posons un peu le contexte…
Grosso merdo, Christian Grey, business man de génie, plein aux as, a quelques hobbies mais un plus que les autres : fouetter des petites brunes (parce qu’elles ressemblent à sa mère, apprendra-t-on plus tard) et les prendre ensuite comme un sauvage (je pèse mes mots). Il devait donner une interview à Kate, la meilleure copine de l’héroïne, Anastasia, pour le journal de la fac, mais sûre-d’elle-magnifique-et-intelligente Kate a la grippe et demande donc à sa meilleure amie et colocataire mal-fagotée-ultra-timide-super-maladroite Ana d’y aller à sa place. Elle lui a préparé la liste des questions (franchement heureusement). Voilà comment ça commence, donc oui vous l’aurez deviné, on est dans une structure classique de roman à l’eau de rose avec tous les clichés du genre.

Donc, sinon, le cul (non, je vais pas vous faire patienter 150 pages).
Soit, je suis fleur bleue et une romantique impénitente. Ok. Mais je sais mettre ça à part. Mais même en mettant ça à part, un mec qui apprend que la demoiselle qu’il veut comme submissive est vierge (au point que, comme je le disais sur Twitter, sans carte, boussole et explication, elle serait pas fichue de se faire plaisir toute seule), la chope par la main et l’entraîne dans sa chambre en lui disant « ok on va régler ça comme ça ça sera fait », ça me perturbe un peu quand même.
Parce que oui, oui il y va comme ça. Il lui demande une fois dans la piaule, vaguement, si ça l’intéresse (en même temps c’est Christian Grey devant qui toutes les femmes tombent en pâmoison) (Mais quand même !) Voilà voilà.

Bref.

Evidemment, mademoiselle prend son pied comme jamais (à côté les héroïnes des Harlequin historiques avec leurs lords, pour leur première fois, elles font du tricot avec grand-maman, c’est vous dire !), et on découvre que M. Grey a une endurance… Une endurance. Je veux bien que la passion lui donne la force m’enfin tout de même. Mais pareil, admettons. On est dans une bouquin après tout !

Ce qui me dérange nettement plus, c’est les concepts plus ou moins sous-entendus dans le reste du bouquin, et Anastasia en elle-même.

Au tout début, quand Christian lui propose de devenir son dominant avec contrat écrit et signé des deux parties à la clé (il a pris soin de lui faire signer un machin de confidentialité avant, quand même), Anastasia ne sait pas trop à quoi s’attendre et pour cause : elle est innocente. Je devrais même dire Innocente. Avant lui, elle n’a jamais rien ressenti pour personne, aucune attirance, aucun désir, elle n’a même jamais fait de l’auto exploration (cette absence de curiosité me laisse pantoise) (bref, passons ce n’est pas le propos). Il n’est jamais question de sentiment du côté de Christian et quand il apprend où elle en est dans sa vie sexuelle, lui proposer de faire du base jumping alors qu’elle n’est jamais monté sur une chaise ne lui parait pas étrange. Tout va bien.
Pour ce qu’on en sait elle aurait très bien pu être asexuelle ! (bon, ils y a eu un baiser passionné dans l’ascenseur mais c’est pas le bout du monde quand même). Mais non non, en avant, on va la « débarrasser » de sa virginité pour aller faire du SM après, youhou c’est la fête.

Alors après je ne prétends pas qu’il faut 10 ans pour savoir ce qu’on aime/ n’aime pas, se montrer curieux, etc, entendons-nous bien. Mais la majorité des gens n’imagine pas sa seconde fois avec cravache et menottes…
Je veux dire, on élève rarement un bébé au vin ou au champagne. Je crois que pour la sexualité c’est la même chose : on commence par du basique et on explore ensuite au grès de ses envies et des occasions du moment…

Ajoutons à ce fabuleux mille-feuilles une Anastasia complètement fascinée par Grey, mais vraiment fasciné. Elle a un gros coup de cœur pour ce brave monsieur et ne peut s’empêcher de se dire que « pourquoi pas signer le contrat et essayer ? Il aura peut être des sentiments, après… »
Cette idée me gêne beaucoup, parce que oui, on peut espérer, mais je ne suis pas sûre que faire un truc dont on est absolument pas certain d’avoir envie soit la clé pour que l’autre réciproque nos sentiments. Ca serait même plutôt le contraire (oui je peux être désespérément cynique à mes heures). Sans compter que c’est complètement se mettre de côté pour faire plaisir à l’autre, dans l’espoir de peut-être avoir quelque chose en retour : ce n’est pas vraiment une base de relation saine… Et là il n’y a même pas de jeu de séduction : Ana est et reste elle-même, et Grey devient un homme en rut à son contact. Donc c’est vraiment cette oie blanche qui se laisse complètement faire par ce type manipulateur et qui la manœuvre où il veut (je dirais bien « dans son lit » mais il fait que dormir dedans, lui ^^;)

Au final, c’est vraiment l’image de la fille qui doit se plier à ce que veut son mec sans trop protester parce que bon, qui est-elle pour protester après tout, je vous le demande ! On sent d’ailleurs la fanfic d’origine derrière dans le traitement d’Ana et c’est glauque à souhait. On a une jeune femme de 21 ans qui se comporte comme une ado, et plutôt de 14-15 ans que de 17, à mon humble avis. Du coup, son adoration sans borne ou presque pour Grey est très dérangeante parce qu’on a l’impression d’une gamine qui rencontrerait son idole du moment mais elle est sur le point d’être diplômée. Ca donne l’impression qu’elle a un retard émotionnel. Ajoutez en face le mec charismatique à souhait, control freak et qui sait ce qu’il veut et n’a jamais de mal à l’obtenir… J’ai eu l’impression, dans une bonne moité, voire les deux tiers du premier tome, d’assister à de l’abus sur mineure par un gourou de secte (ma description est sans doute un peu extrême mais ça m’a vraiment mise très mal à  l’aise par moment).

Et puis soudain du jour au lendemain (ou pas loin, aller, disons sur 48h) il y a cette transformation fabuleuse…
Outre mon romantisme désespérant certains jours, je suis aussi particulièrement timide (non je ne plaisante pas le moins du monde). Du coup, quand vous avez cette barrière là et même si vous avec l’esprit le plus ouvert de la planète et la curiosité la plus débordante, y a certaines choses, un premier ou un second soir, vous ne pouvez pas les faire.
Pas que vous n’en ayez pas envie, simplement il faut que votre esprit tourne autour de l’idée, la poke un peu avec un bâton pour voir si elle mord puis finalement s’en approche tout doucement et finisse par l’apprivoiser. C’est sans doute très con mais ce ne sont pas vraiment des choses que l’on contrôle. On peut les maîtriser et les limiter, mais s’en débarrasser c’est une autre paire de manches.
Alors quand on essaie de me vendre qu’une fille timide au point de toujours avoir le nez par terre et de jouer les feux de signalisation en virant à l’écarlate pour un oui ou pour un non se transforme en porn star débutante d’un claquement doigt parce que Môssieur Christian Grey la traîne dans sa chambre…  Non. Le sexe n’a jamais fait perdre sa timidité à quelqu’un. Pas plus que le théâtre d’ailleurs (sinon j’exige un remboursement pour la non-efficacité du traitement !) (je vous laisse chercher… ^.^).
Idem pour les jeans/baskets ou ballerines/chemisiers qui se transforment soudain en robes/jupe-chemisier/Louboutin. Genre. Marcher sur des échasses de 10 cm n’est PAS une capacité innée pour la femelle humanoïde standard, surtout après 21 ans de baskets/ballerines, pas plus que le port des portes-jarretelles, pendant qu’on y est.
Ce côté-là m’a particulièrement agacée parce que non, une fille a pas besoin de couillu le caribou à côté pour s’habiller sexy si elle en a envie, et à l’inverse, ce n’est pas parce qu’il y a monsieur à côté qu’une femme doit changer sa façon de s’habiller, se mettre à se maquiller etc. C’est sans doute débile mais je trouve ça idiot, comme procédé.

Ah et puis je la soupçonne d’avoir un trouble de l’alimentation au moins latent, sinon déclaré : il faut toujours que Christian la force à manger et quand elle perd des kilos à un moment et qu’il lui en fait le « reproche » (ils’inquiète pour sa santé en fait), elle ne répond rien mais pense simplement qu’elle aime être »this thin ». Ca aussi ça m’a profondément mise mal à l’aise…

Autre chose qui me dérange, c’est cette histoire de inner goddess.
Concrètement, son but dans la vie à elle (même si elle existe pas vraiment, soit), c’est de se faire sauter par tous les trous dans tous les sens à toute heure du jour ou de la nuit.
Entendons-nous bien : on a vu façon bien plus naze de passer un dimanche après-midi (un weekend) (une semaine ?). Ce qui me gêne c’est que présenté comme ça, ce n’est pas vraiment l’héroïne qui a des hormones et un bel étalon tout à fait disposé à rendre service sous la main. C’est « une autre ». Vous me direz « une autre partie d’elle-même », certes, vous répondrai-je, mais ça la décharge quand même de ces pensées-là, hors je ne vois pas pourquoi il faudrait. Ce n’est pas comme si avoir une libido et des envies, d’une part, et des envies autres qu’un missionnaire hebdomadaire de quinze minutes d’autre part, était honteux (enfin en tout cas pas chez moi) (mais je ne suis peut-être pas la plus impartiale pour donner un avis notez… ^^; ).
Quoiqu’il en soit, ça me chagrine, parce que je ne vois pas pourquoi elle ne pourrait pas avoir de envies sans passer par cet ersatz d’elle-même.

De la même façon, son subconscient c’est un peu la Sœur Marie La Vertu du coin qui fait très souvent la gueule et la réprimande, et qui a même la tête du Cri, de Munch, à certains moments (l’image est d’ailleurs super drôle vu les situations).

Avec miss inner goddes, ça fait très « angel side et « devil side » mais là encore ça me dérange : en quoi avoir des envies, quelles qu’elles soient, serait « mal », et en quoi être disons puritain, ou sage, serait « bien » ? Ou en tout cas mieux ?
C’est d’ailleurs intéressant de voir que miss inner goddess est plutôt fun et cool (elle est très souvent dans sa chaise longue, ou assise en position du lotus, et fait toutes sortes de figures de gymnastique quand elle est contente, et parfois même, enfile un kimono et est prête à en découdre), alors que Sœur La Vertu est plutôt sévère, rarement contente, et que ses seuls « mouvements » c’est de regarder Anastasia par dessus ses verres en demi lune, comme une mamie coincée, relevant tout juste le nez d’un classique de la littérature anglaise.
Cette dualité « soit t’es sage mais tu t’emmerdes, soit t’es dévergondée mais tu t’éclates » me dérange vraiment, surtout que là c’est très accès sur son rapport au sexe.

Y  a ni bien ni mal dans la sexualité (ou l’absence de), tant que tout le monde est majeur, consentant et y trouve son compte/plaisir…

Sinon,  autre gros moment de choc pour moi quand elle est découvre qu’elle est enceinte : pas UNE SECONDE ne se  pose la question de le garder ou non. Elle est chez sa gynéco et la toubib ne pose pas DU TOUT la question.
J’veux dire sa patiente est sous CONTRACEPTION comme dans « je veux pas un bébé de suite » (ça fait quoi, 6 mois qu’ils sont mariés, 9 qu’ils se connaissent ?), elle a eu une première consult’ pour la pilule, y a eu du drama donc elle l’a zappée du coup elle la revoit une SECONDE fois pour une autre méthode (injection genre implant mais en moins pratique) mais non non on se pose pas de question.
Et le moment magistrale : elle est donc enceinte de 4 ou 5 semaines, mais son injection n’a que 10 jours de retard max, donc ça veut dire que même sans oubli, elle aurait été en cloque, et là, que sort la gynéco ? « Looks like the shot run out early. Oh well, that happens sometimes… »
Et là, soudain, en salle d’interco à Levallois, c’est MOI qui ait eu la tête du cri de ce brave Edvard… AAAAAAAH !!! That FUCKING happens some FUCKING times ??? SERIOUSLY ??? Mais un médic qui te sort un truc comme ça devrait être radié DANS LA SECONDE !! Là on parle pas d’un bouton sur le nez, on parle pas de pellicules ou de pointes fourchues on parle d’une GROSSESSE !!! Excusez du peu mais je trouve que c’est quand même pas un petit dommage collatéral merde !

Ajoutons que cette SOMBRE NOUILLE est pas fichue de gérer son corps/son temps toute seule et s’en remet à son assistante (et visiblement lui expliquer que NON faut pas faire sauter QUATRE rendez-vous avec ce toubib là, c’est pas bien, elle y a pas pensé), on saupoudre avec le priapic CEO, qui, puisque nous sommes au moyen-âge (comment ça j’ai mal compris ?) dit clairement à cette neuneu d’Ana que c’est sa faute exclusivement, parce qu’elle était toute seule pour tomber enceinte, c’est évident, et on a une fabuleuse recette pour des adultes irresponsables qui vont être parents ! Youpi ! (et je vous parle même pas du message derrière, vous l’aurez compris, et comme ça moi je m’énerve pas de nouveau).

Bref. Elle se retrouve donc sur la table de sa gynéco qui lui fait une échographie à ultra son (de mémoire) et elle voit l’embryon qu’elle surnomme « little Blip ». « Little Blip ». Pas prévu. Dont ils voulaient pas (pas avant quelques années en tout cas). ELLE LE VEUT PUTAIN DE PAS ET ELLE LE GARDE CETTE SOMBRE GROGNASSE !!! (oui ça m’énerve quand même et je crie en capitale si je veux). Dieu n’a été mentionné nulle part mais très franchement c’est limite (j’aurais rage quit l’ebook si ça avait été le cas) (ça n’aurait servi à rien mais faute d’assiettes à casser pour me détendre, ça aurait été mieux que rien). Alors oui, je sais, ça a été écrit par une états-unienne, et chez eux, c’est une question un peu touchy… Mais quand même ça me choque (en même temps de grands pans de cette culture me perturbent grandement donc rien de neuf finalement… ). On ne garde pas un enfant par défaut enfin !

Ou plutôt, c’est l’idée même de subir la grossesse qui me choque beaucoup : si déjà elle vit ça comme une catastrophe alors ça sera quoi quand il sera né ??  Une grossesse non prévue peut être une bonne surprise mais là clairement ça ne l’est pas et c’est déjà un boulet à traîner dans l’esprit d’Ana parce qu’il va falloir l’annoncer au père et qu’elle flippe, au point d’envisager qu’il la quitte. Et en plus merci le partage : un enfant ça se fait à deux mais ça se GARDE à deux aussi ! Bref, cette histoire, même si on est en effet dans un bouquin, m’a beaucoup gonflée.

Après tout ça, on se demandera : mais POURQUOI (excepté par curiosité) ces livres ont-ils si bien marchés ? Simple : il y a TOUS les poncifs du genre.
Un célibataire grand, beau, riche, sportif et mystérieux, mais qui sait se montrer attentif, prévenant, qui est drôle, subtil et intelligent, cultivé bref, un mirage tellement il est parfait, une héroïne super timide et maladroite à laquelle il est facile de s’identifier (plus que si c’était Charlize Theron en tout cas), une rencontre fortuite, cette petite miss rien du tout qui fait chavirer le plus beau parti de cette moitié des Etats-Unis (et sans doute de l’autre aussi) alors qu’il est resté de glace face à toutes les autres et… Du cul.

Bah oui.

Déjà l’histoire de base fait rêver (j’aime mon navigo mais je crache pas sur une Audi R8 à mon prochain anniversaire, soyons sérieux *.*) mais en plus, ça sort définitivement Mrs. Robinson (private joke du bouquin) ou Mme Martin de son quotidien parce que c’est pas juste de la passion avec des fleurs et des « lances d’amour » et autre formules du genre : y a des menottes ma bonne dame ! Et des cravaches mon bon monsieur ! Et y a même des bandeaux sur les yeux et et et et PLEINS DE TRUCS INTERDITS OMG !!!!!!! /o\

Euh…Oui alors non : qui me connait non c’était pas sérieux, ne partez pas, qui ne me connait pas, ce n’était pas méchant, ne partez pas non plus, je m’explique ^^;
Ma vie professionnelle, et la vie sociale qui en a découlé, m’ont fait comprendre une chose : j’appartiens à un style de personne, une sorte de bulle, et les personnes qui en font partie ont au moins une si ce n’est plusieurs activités artistiques, ont une curiosité et une envie de voir d’autre chose, de s’intéresser, tout ceci intimement lié à une imagination très active qui se manifeste au quotidien, sous des formes plus ou moins nettes, même si ce n’est pas conscient/volontaire.

Mais ne nous leurrons pas : c’est loin d’être le cas de tout le monde. Pour une grande partie des gens, leur vie se résument à mon mari/ma femme, mes enfants, ma maison, ma voiture et mon chien. Et c’est tout.
Ce n’est pas une critique attention : ces personnes sont heureuses (je crois) (je leur souhaite de tout cœur !), mais ça reste très sage et très rangé comme vie.  Alors quand on commence à vous parler de jeux de rôles, d’être attaché, de punition, de domination, sur une base de sexe… Ben oui ça sort complètement des sentiers battus.

Même si ce genre de trucs s’est démocratisé, pour monsieur et madame tout le monde, jouer de temps en temps avec des menottes, ça reste un truc osé, voire « pour les tordus », réservé aux échangistes de Confessions intimes et autres 90 minutes enquêtes (et on sait sous quel jour sont montés ces «  » »reportages » » »). Alors si vous allez un peu plus loin dans l’exotique, tout de suite, ça intéresse, ça intrigue au moins, ce qui est très humain en somme.

Et là, outre le côté un peu interdit, ou tabou de lire une histoire avec du sexe et pas juste fleur bleue (rappelons que dans notre bonne société patriarcale, un mec qui consomme du porno c’est normal, une fille qui fait pareil c’est louche, même si les mentalités évoluent, et heureusement) c’est présenté avec un côté un peu mystérieux, Anastasia découvre des trucs petit à petit, c’est pas glauque (dans le sens où elle est pas dans une cave mal éclairée avec le concierge qui a 25 ans de plus), et l’héroïne en redemande !
Je n’aurais jamais cru dire ça de ce bouquin, mais faut reconnaître que la plupart des scènes se laissent lire (en même temps pour mal écrire une scène de cul c’est compliqué mais passons) même si elles finissent par être très répétitives (j’ai très vite pris l’habitude de les zapper) et encore une fois oui, je comprends parfaitement qu’une mère de famille un peu esseulée (ou pas) ce soit laissée prendre au jeu de la lecture, tout comme j’aime glousser de temps en temps devant un Harlequin historique parce que ces histoires de jouvencelles en détresse et de Lord fougueux, je trouve ça fun, chou, et ça me détend. Avec Fifty Shades c’est pareil en contemporain,  et y a le sexe kinky en bonus !

Donc non, le succès n’a rien d’étonnant, et même si par beaucoup d’aspects, notamment sur le premier tome, les messages et les discours sont plus que critiquable, globalement, il est plutôt logique : une recette qui fonctionne (romance, personnages, contexte), saupoudré d’un peu de tabou (du sexe, par une femme pour des femmes, cru, souvent, et pas une petite ellipse stylistique au milieu du livre), avec un soupçon d’interdit (le SM, même s’il reste soft). C’est pas de bons bouquins mais après tout si on devait « consommer » que des bons trucs, les grandes surfaces feraient vite faillite…

J’imagine que demain ou après demain je me souviendrai de trucs dont j’aurais voulu parler mais c’est déjà pas mal pour le moment. Je referai peut-être un bout de commentaire à l’occaz’…

Et sur ces bonnes paroles, je m’en vais attaquer Amish Vampires in Space ! (non, ne me demandez pas) (oui, promis, je ferai une review) (enfin si je viens à bout des 678 pages… )

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2 commentaires

  1. Bon j’avoue j’ai pas du tout lu Fifty Shades mais comme ça m’intrigue, je suis contente que des gens fassent le boulot pour moi 😀
    Par contre j’ai lu des extraits en français et c’était vraiment mal écrit mais quand j’ai feuilleté un des bouquins en anglais, ça me paraissait bien plus lisible… Or toi tu l’as lu en anglais et ça te parait mal écrit quand même???

    Sinon j’avais lu dans d’autres critiques (oui au lieu de lire 50 Shades, je lis plein de critiques dessus 🙂 ) qu’en fait Christian Grey devient super cool avec elle quand il apprend qu’elle est vierge, qu’il change ses règles etc. Alors que tu as l’air de dire l’inverse, du coup c’est effectivement vachement plus glaucque!

    Et moi j’aime quand ya des spoilers justement ahah!

    1. Ben c’est surtout les 150 premières pages qui se trainent après ça va nettement mieux. C’est pas le pire que j’ai lu, mais c’est clairement pas le meilleur non plus dirons-nous ;p
      Mais par contre oui la VO est largement meilleure que la VF, y a pas photo.

      Eeeeuh… oui et non : en fait il commence à la tripoter dans un ascenseur après un génial « fuck the paper work ! » en référence au contrat qu’il fait signer à ses submissives (et dont il a commencé à parler très vaguement). Elle pose pas mal de questions sur le contrat en question, puisque forcément contrairement aux précédentes elle ne sait pas à quoi s’en tenir et à quoi correspondent certains termes utilisés relatifs au BDSM.
      Le truc c’est qu’il commence à lui faire des trucs AVANT qu’elle ait signé le contrat, donc pour ça oui, il enfreint ses propres règles. De la même façon, il dort avec elle alors qu’il ne supporte pas de dormir avec quelqu’un normalement, mais ça, pour moi, ça rejoint le côté « Harlequin/Héroïne pure, salvatrice du héros sombre et torturé ».
      Il dit pas « bon, elle est novice je vais changer les règles » non. Il a juste grave envie de l’avoir à sa merci et d’en faire son jouet donc il dépasse ses propres limites et doit faire certaines concessions (à regret) pour avoir ce qu’il veut (à savoir : accès à son entre jambe). Au final, ils entrent dans une relation assez tordue, sans signature de contrat parce que Anastasia demande « plus » (dans le sens « vrai relation de couple pas juste le sexe SM). Et lui, comme par hasard, veut bien essayer même s’il avoue qu’il a jamais eu de relation comme ça…
      Il ne devient pas plus cool : il reste abusif et particulièrement dominateur, même si en effet, il s’adoucit un chouilla… Mais un chouilla quoi ^^;

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