« Ca me donne envie de frapper des gens »

C’est pendant des jours comme aujourd’hui que je me dis que, sous mes dehors d’adulte à peu près responsable et autonome, il doit quand même y avoir un truc qui cloche, à l’intérieur.

Comme me l’a très justement dit un jour ma grande sœur : « toi, t’as une patience cumulative ».
Ca peut paraitre absurde comme notion, mais en définitive c’est terriblement vrai.
J’accumule les contrariétés sans jamais rien dire jusqu’au moment où, n’en pouvant plus, je finis par exploser pour une broutille (ce qui interpelle grandement la personne en face, d’ailleurs).

Et c’est pour à peu près tout le monde pareil. Parce que j’ai été élevée en gentille petite fille (même si j’ai corrigé quelques unes de de ces notions d’éducation), parce que je déteste les conflits (c’est fatiguant et ça ne mène à rien), et surtout, que je ne suis pas diplomate pour deux sous, j’essaie de faire au mieux pour contenter à peu près tout le monde. Particulièrement pour les personnes qui me sont proches. A la différence qu’avec elles, en plus, ça m’affecte. Beaucoup. Mais je ne dis rien de plus pour autant.

Sauf que ça va un temps.
Jusqu’à ce que la fatigue, l’accumulation et la constance du dehors à simplement faire chier, ne finisse par me pousser dans mes derniers retranchements.

J’ai parfois des pulsions violentes. Pas contre moi ! Je me cabosse déjà assez sans le vouloir, c’est suffisant.
Non, quand j’en arrive là j’ai simplement envie de me défouler contre quelque chose, ou mieux, quelqu’un. Pas n’importe qui. Quelqu’un comme ce fieffé connard grossevoiturepetitebite tout à l’heure qui, alors qu’il est sur un parking et roule au pas, me fait signe et m’invective, parce que « il faut enlever les écouteurs hein quand même !! »
J’ai juste haussé un sourcil et j’ai continué ma route. Ben oui : je gênais monsieur comme je ne marchais pas vite et résultat ça lui a pris au moins 3 secondes de plus que prévu pour se garer…
Dans ce genre de situation et quand je suis dans cet état, si la personne m’approchait de trop, je frapperais. En fait, je serais même tenter de le provoquer parfois. Juste pour pouvoir exorciser la colère. Etre apaisée ensuite. Tranquille. Le calme après la tempête.

C’est aussi dans cet état là que je me suis retrouvée pas plus tard que ce matin à frapper trois grand coups sur mon bar du plat de la main gauche, pour m’éviter de vomir un flot d’insultes au téléphone, que je tenais de ma main droite, après une énième remarque.
Ho une broutille ! Mais le genre de broutille qui, additionnée aux autres, à toutes les précédentes, finit par faire une véritable montagne. Ce genre de petite phrase pleine de condescendance, de mépris et de suffisance, qu’on adresse à un enfant un peu idiot et dont on est fatigué de supporter les manies… (Ce n’est sans doute pas voulu comme ça, mais c’est comme ça que je le perçois).
Sauf qu’à l’origine, c’était pour me demander un service. Et c’était une remarque sur mon prolifique nombre d’adresse mail… Et ? Si j’ai envie d’en avoir 546543 ça dérange qui, exactement ? Surtout que, pour les gens, les vrais gens, je n’en utilise que… 2. Une gmail et une autre sur le domaine des apos. Sauf erreur quand j’écris depuis Thunderbird, bien sûr, ça peut arriver, mais c’est rare. Alors il est où, exactement, le problème ? Je fais chier les uns et les autres quant au mode de défrisage de leurs poils de cul ? Non. Ben voilà.
En plus, manque de bol, l’accroc sur ma main gauche, justement, est en bonne voie de guérison. J’aurais presque préféré que non. Ca m’aurait fait mal mais ça m’aurait calmée. Sur le moment au moins. Et puis les insultes auraient été légitimes du coup.

Ha oui parce qu’il y a ce petit côté pervers, qui ajoute toute sa poésie à la chose : même dans ces moments-là je ne dis rien. Absolument rien. Je subis, au mieux je soupire un peu, soupir agacé, mais je ne réponds pas. Jamais.
Donc oui en gros, la plupart des personnes que je connais pourrait m’arracher le cœur à la petite cuillère rouillée, je serais encore capable de répondre avec le sourire, sans doute un peu crispé notez, mais le sourire malgré tout, que non non, tout va bien, vraiment.

C’est là qu’on en revient à ces besoins profond de violence. Je crois que ces jours-là, je prendrais un malin plaisir à démonter à mains nues la tête d’un mec qui m’aurait juste regardée de travers. Ou qui fait chier juste parce que c’est un connard comme le grossevoiturepetitebite du parking.

Parce que bien entendu, et histoire de ne pas simplement finir mais terminer le tableau, il est hors de question de me retourner contre ceux qui me font du mal – 95% involontairement – parce que ce n’est pas leur faute. J’estime que c’est moi qui suis touchée par ce qu’ils disent : je n’ai donc pas à leur en vouloir. En tout cas pas à m’en prendre à eux. La signature en bas de la toile étant que, même si j’essaie d’expliquer calmement ce que je ressens, pourquoi ceci ou cela m’a blessée, m’a contrariée, etc, de deux choses l’une.
Soit c’est un truc tellement trivial ou tellement précis (aller expliquer à quelqu’un que pour vous, répondre à une question d’une certaine façon a ce sens, et de cette autre façon a cet autre sens, c’est tellement drôle !)(non) que la personne en face à beau vous écouter elle comprend pas (j’ai fini par éradiquer le « mais… tu dis n’importe quoi ! » de la bouche de ma mère en lui expliquant l’impact et la violence pour celui qui écoute, mais ça m’a quand même pris pas loin de 10 ans). Soit ça en est à un tel état de nerfs et de frustration que ça finit en hyperventilation avec bégaiement, pleurs, et toux de tuberculeuse à force de se contracter et de plus arriver à respirer correctement (il parait que je suis flippante à voir, dans cet état) (je ne me suis jamais vue mais je veux bien le croire). On note également le côté pas pratique pour parler avec quelqu’un, du coup.

Du coup je ne dis rien.
Je ne fais rien.
J’attends.
Et quand ça lâche tant pis.
Je suis dans un état lamentable, à la louche 3 personnes doivent être en mesure de comprendre ce qui se passe et puis voilà.
Une fois que les réservoirs sont purgés, on peut repartir comme en 40.
Mais pour le moment je n’ai pas trouvé autre chose. J’essaie, je compense un peu avec le sport aussi, ça aide un peu, ça fait du bien.
Mais pour vraiment faire passer ça il me faudrait un truc comme une journée à faire l’andouille sur des coaster, un saut à l’élastique ou quelque chose du même style : une bonne grosse dose d’adrénaline qui lessive le stress comme une grosse vague de marée montante !

Ou une grosse crise.

Et comme je n’ai ni adrénaline ni envie de jouer les folle furieuse toute seule, je prendrai un calmant aux plantes avec ma tisane avant d’aller dormir ce soir, et puis ça passera bien. On verra jusqu’à quand je tiens.

Ca devrait tenir, après tout, vendredi soir c’est les vacances. Non… ?

Publicités

2 commentaires

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s